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La fille facile | Manal Jowayriya

Manal Jowayriya

Salut, dis-moi, ta femme a grossi ? C’est moi que tu cherches par ici ? Dis-moi ! Es-tu un homme septuagénaire ? Ou c’est ta barbe qui vieillit ? Oui, je crois oui, elle avait du labeur, celui de cacher les micros expressions de tes tromperies. Ces déclarations miniatures que ta femme peut détecter par une mousse et un simple rasoir effleurant   ta peau. J’imagine la révélation du corps quand le cœur obéit
! Ça m’exaspère
Ta femme… Elle est ridicule, un peu comme ta mère. Elle est insaisissable, froide. Et toi mon pauvre… tu l’acceptes, ta petite dame baroque et opiniâtre, tu supportes sa compagnie grotesque, ses injures routinières. Le soir alors ? Feu d’artifices ou feu des corps… c’est chaleureux, non ? Ah oui, j’ai oublié. Elle passe du temps à caresser ses cheveux dociles face à son vieux miroir et se couche comme un ange. Elle ignore le délicieux plaisir des cheveux décoiffés sur un sol vibrant
Dis-moi, tu as le désir ardent ? Quant à moi, j’admire ta façon de ne pas vouloir perdre du temps, à ne pas travailler ton désir, le rendre plus charmant. A l’état brut, c’est bien aussi
Regarde-moi ! On m’avait dit que tu cherches une femme fragile comme un château de carte, une femme-volcan comme une flamme brulante, une femme frêle comme une parole lénifiante. Regarde-moi ! Je suis à la fois accessible, paisible et séduisante
Quoi ? Tu veux un bonus ? Je suis facile à choyer
Et puis regarde… sous ma robe écarlate se trouvent des formes callipyges, une peau dorée et une poitrine plantureuse. Mon vernis diaphane, de la couleur sang ne te rappelle pas ta première victoire ? Ne remémore-t-il pas le souvenir attachant de la pureté de ta femelle à l’âge d’or
Dis-moi, as-tu des amis ? Dis leur ma poésie

Je suis la fille facile
Sans zèle, trop servile
J’ai les armes dans mes cils
Et les larmes d’une fragile
Je suis une fille de joie
Synergique sous les toits
La jouissance dans ma voix
Prend la diaphonie des abois
Je suis le cœur qu’on vend
Dans un corps docile
Pour les fous, les moins habiles
D’atteindre avec artifice leur proie
Je suis le cœur qu’on vend
Pour un amour en argent
Je suis un peu ton rêve
Dans une femme qui crève
Luisant le feu d’une sève
De la belle jeune Ève
Je suis la dame de cupidité
Qui envie les autres pour leur oisiveté
Quand elles sont face à la masculinité
Sans donner de leur décolleté
Je suis la maitresse sur terre
Une bière et l’allumeuse qu’on repère
J’ai mon clan, ma force grégaire
Qui défend, en sourdine, l’adultère
Je suis le piquant à la vie
L’éros des vieux, l’hécatombe
La plus débile des folies
Que vous surnommer la bombe
Je suis le jour de liesse
Qu’on oublie avec des gonzesses
Moins sottes, plus inouïes
Quand la bile est plus épanouie
Mais quand la finesse fait défaut
Je reste la plus accessible
Celle qui tolère le faux
Sans fatigue à manier la cible
Et vous gribouillez sur ma peau
Des baisers ocre, des baisers sauvages
Vous blâmez, me reprochez mon lot
Par des mots qui me tiennent en otage

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